Désoperculation d'un cadre de miel au couteau

Récolter le miel : quand, comment, extraction, maturation et mise en pot

Récolter le miel pas à pas : quand retirer les hausses, chasse-abeilles, désoperculation, extraction, humidité, maturation, mise en pot et étiquetage 2026.

Pour récolter le miel, on retire les hausses dont les cadres sont operculés au moins aux trois quarts, après avoir posé un chasse-abeilles la veille, puis on désopercule, on extrait par centrifugation, on filtre et on laisse reposer le miel quelques jours en maturateur avant de le mettre en pot. Le contrôle décisif se fait au réfractomètre : la loi tolère jusqu’à 20 % d’eau pour la plupart des miels, mais au-delà de 18 % le risque de fermentation devient réel.

Quand récolter le miel ?

Les signes qu’une hausse est prête

Une hausse se récolte quand le miel est mûr, c’est-à-dire assez déshydraté par les abeilles pour se conserver. Trois contrôles, du plus simple au plus fiable :

  1. L’operculation. Les abeilles ferment les cellules d’un opercule de cire quand le miel est mûr : selon l’ITSAP, un miel operculé peut être considéré comme prêt. Le repère de terrain est un cadre operculé au moins aux trois quarts. Un miel non operculé peut aussi être assez sec, notamment en fin de miellée par temps sec, mais seule une mesure le confirme.
  2. Le test du secouage. Tenez le cadre à l’horizontale au-dessus de la ruche et donnez un coup sec vers le bas. Si des gouttes de nectar tombent, le miel n’est pas mûr : laissez la hausse en place ou écartez ce cadre.
  3. Le réfractomètre. Une goutte donne la teneur en eau en quelques secondes : c’est la seule mesure objective. Le guide des bonnes pratiques apicoles de l’ITSAP demande de contrôler au réfractomètre avant d’extraire, avec trois mesures différentes sur les cadres à extraire.

Ne récoltez jamais un cadre contenant du couvain ou du pain d’abeille, comme le rappelle la mallette pédagogique de l’ITSAP.

Calendrier indicatif des récoltes en France

Les dates varient de plusieurs semaines entre le Midi et le Nord-Est : ajustez ces repères avec les floraisons locales et notre calendrier apicole mois par mois.

Miellée Floraison principale Récolte habituelle Point d’attention
Colza, fruitiers, pissenlit avril à mai mi-mai à début juin cristallise en quelques jours : extraire très vite
Acacia (robinier) fin avril à fin mai fin mai à mi-juin reste liquide longtemps, très faible humidité si la météo est sèche
Tilleul, ronce, châtaignier juin à juillet juillet châtaignier : miel foncé, conductivité élevée
Lavande, lavandin juillet fin juillet à août sud-est, souvent en transhumance
Sapin, miellats de forêt juin à août selon les années juillet à août miellat : peut cristalliser dans les rayons
Bruyère callune août à septembre septembre miel gélatineux, à extraire avec un matériel adapté
Lierre septembre à octobre ne se récolte pas laissé aux abeilles pour l’hiver

Ne pas récolter trop tard ni trop

La dernière récolte conditionne l’hivernage. Deux contraintes la placent en général avant la mi-août dans la plupart des régions :

  • Le traitement contre le varroa. La plupart des médicaments disposant d’une autorisation de mise sur le marché pour les abeilles s’appliquent hausses retirées, selon leur notice, pour ne pas contaminer le miel. Voyez notre dossier sur le varroa et les traitements autorisés.
  • Les réserves. Le miel du corps reste à la colonie. Une Dadant entre couramment en hiver avec 15 à 20 kg de provisions, davantage en montagne ou sous climat continental ; pesez ou soupesez les ruches après la dernière récolte et complétez au sirop si besoin.

Quel matériel faut-il pour récolter et extraire le miel ?

Étape Matériel Repères de choix Prix indicatif
Au rucher chasse-abeilles (plateau ou losange), lève-cadre, enfumoir, brosse, hausses vides ou bacs fermés, diable un chasse-abeilles par hausse récoltée le même jour quelques euros l’insert, plateau à fabriquer ou acheter
Mesure réfractomètre à miel avec compensation de température (ATC) échelle d’environ 12 à 27 % d’eau 39,90 € (optique) à 295 € (numérique)
Désoperculation couteau à denture ou électrique chauffant, herse, bac à désoperculer avec grille bac inox à robinet dès quelques ruches couteau 10,90 à 129,90 € ; herse 3,90 à 18,90 € ; bac 49,90 € (plastique) à 499,90 € (inox 1 m)
Extraction extracteur tangentiel ou radiaire, manuel ou électrique 2 à 4 cadres manuels pour débuter, radiaire électrique au-delà manuel 234,90 à 489,90 € ; électrique 9 demi-cadres 939,90 à 1 082,62 € ; 27 demi-cadres 1 649,90 à 1 699,90 €
Filtration double filtre ou tamis inox ou nylon maille grossière puis fine, sans retenir les pollens quelques dizaines d’euros
Maturation maturateur inox à robinet (fond plat ou évacuation totale) 25 à 50 kg pour un petit rucher, 100 à 200 kg ensuite inox nu : 77,90 € (25 kg), 103,90 € (50 kg), 139,90 € (100 kg), 199,90 € (200 kg)

Les prix sont ceux du revendeur Apiculture.net relevés en octobre 2026, hors promotions et frais de port ; ils varient d’un fournisseur et d’une année à l’autre. Un équipement complet d’extraction pour une dizaine de ruches (extracteur manuel, bac, couteau, filtre, deux maturateurs de 50 kg, réfractomètre) revient ainsi à environ 550 à 800 € neuf. Les achats de première année sont détaillés dans notre guide du matériel de l’apiculteur débutant.

Tangentiel ou radial ? Le tangentiel vide une face à la fois et oblige à retourner les cadres ; le radial vide les deux faces ensemble. Le tangentiel manuel suffit sous dix ruches, le radial motorisé s’impose au-delà d’une vingtaine.

Tout ce qui touche le miel doit être en inox ou en plastique alimentaire. La DDPP des Pyrénées-Atlantiques précise que les parties en contact direct avec le miel ne peuvent pas être en bois, et que l’aluminium, le fer étamé, le fer galvanisé et les plastiques non alimentaires sont à proscrire. La fiche H2 du guide de l’ITSAP ajoute trois règles utiles à l’achat :

  • en l’absence du logo de contact alimentaire, demandez au fournisseur un certificat d’alimentarité et conservez-le ;
  • pour un plastique fabriqué avant le 1er janvier 2015, vérifiez l’absence de bisphénol A ;
  • graissez les pièces mobiles avec une graisse alimentaire et essuyez l’excédent.

Écartez les vieux extracteurs galvanisés d’occasion et toute cuve dont la peinture s’écaille.

Comment retirer les hausses avec un chasse-abeilles ?

Poser le chasse-abeilles

Le chasse-abeilles est un plateau à passages à sens unique, glissé sous les hausses à récolter : les abeilles descendent vers le nid et ne remontent pas.

  1. Choisissez une journée douce, butineuses dehors.
  2. Vérifiez l’absence de couvain dans les hausses : il retiendrait les nourrices.
  3. Glissez le plateau, passages orientés vers le bas.
  4. Contrôlez l’étanchéité : le moindre interstice laisse entrer pillardes et guêpes dans une hausse privée de défenseurs.
  5. Revenez le lendemain. La mallette pédagogique de l’ITSAP conseille de poser les chasse-abeilles la veille, avec au moins une dizaine d’heures entre la pose et la récolte. Ne dépassez pas 48 heures : la hausse refroidit et le miel devient visqueux.

Pour quelques ruches, on peut aussi secouer puis brosser chaque cadre ; les professionnels utilisent un souffleur.

Ne laissez jamais une hausse ouverte au rucher : quelques minutes suffisent à déclencher un pillage. Une hausse Dadant de 9 cadres pleine contient environ 15 à 20 kg de miel, comme détaillé dans notre guide de la ruche Dadant : prévoyez un diable et ne soulevez pas seul plusieurs étages.

Comment mesurer le taux d’humidité du miel au réfractomètre ?

Les limites légales

La directive européenne 2001/110/CE, transposée en France par le décret n° 2003-587 du 30 juin 2003, fixe dans son annexe II les limites suivantes :

Critère Règle générale Exceptions prévues
Teneur en eau 20 % maximum 23 % pour le miel de bruyère callune et le miel destiné à l’industrie ; 25 % pour le miel de callune destiné à l’industrie
HMF (hydroxyméthylfurfural) 40 mg/kg maximum 80 mg/kg pour les miels d’origine déclarée provenant de régions au climat tropical
Indice diastasique (échelle de Schade) 8 minimum 3 minimum pour les miels naturellement pauvres en enzymes, comme les agrumes, si l’HMF ne dépasse pas 15 mg/kg
Saccharose 5 g/100 g maximum 10 g notamment pour le robinier (acacia) et les agrumes ; 15 g pour la lavande et la bourrache
Conductivité électrique 0,8 mS/cm maximum 0,8 mS/cm minimum pour le miel de miellat et de châtaignier ; aucune valeur pour l’arbousier, la bruyère cendrée, l’eucalyptus, le tilleul, la callune, le manuka et l’arbre à thé

Indice diastasique et HMF s’apprécient après traitement et mélange : c’est le miel vendu qui doit être conforme.

Pourquoi viser 18 % et non 20 %

Le miel contient naturellement des levures tolérantes au sucre, inactives tant que l’eau reste basse. La fiche C1 du guide de l’ITSAP juge préférable d’extraire un miel dont la teneur en eau est égale ou inférieure à 18 %, pour éviter la fermentation. Au-delà, et d’autant plus que le miel cristallise (la cristallisation du glucose libère de l’eau dans la phase liquide restante), le risque de fermentation augmente : mousse en surface, odeur aigre ou alcoolisée, goût piquant. Les 20 % légaux sont un plafond, pas un objectif : visez 18 % ou moins.

Mesurer correctement, pas à pas

  1. Étalonnez le réfractomètre en début de saison, avec le liquide ou le bloc de référence fourni par le fabricant.
  2. Travaillez vers 20 °C, température de référence de la mesure. Les réfractomètres à compensation automatique (ATC) corrigent les écarts modérés, mais l’appareil et l’échantillon doivent être à la même température.
  3. Prélevez dans au moins trois cadres de chaque lot, comme le demande l’ITSAP, y compris dans les cellules non operculées des bords, qui sont les plus humides.
  4. Déposez une goutte sans bulle sur le prisme, refermez le volet, lisez la ligne de séparation entre zones claire et sombre sur l’échelle « % eau ».
  5. Nettoyez le prisme à l’eau tiède et notez la mesure dans votre cahier de miellerie.

Que faire d’un miel trop humide ?

Le miel est hygroscopique : il reprend l’eau de l’air. L’ITSAP demande de stocker les hausses dans un local sec entre la récolte et l’extraction. Si la mesure est trop haute, empilez-les en quinconce dans une pièce chaude et close, avec un déshumidificateur (un modèle mobile de 20 litres coûte autour de 295 €, un déshumidificateur apicole professionnel près de 3 800 €), et recontrôlez au réfractomètre ; une fois extrait, un grand volume ne se déshydrate presque plus. Un miel au-dessus de la limite légale ne se vend pas comme miel de table : ne le mélangez pas à un lot conforme pour le « diluer ».

Comment désoperculer les cadres de miel ?

Préparer la miellerie

Extrayez le jour même ou le lendemain : le miel encore tiède coule mieux. Si les hausses ont refroidi, chauffez la pièce, pas le miel, autour de 25 à 30 °C. Fermez la pièce ou posez des moustiquaires.

Les gestes de la désoperculation

  1. Posez le cadre sur le support du bac à désoperculer, légèrement incliné.
  2. Tranchez les opercules au couteau en appuyant sur le bois des montants. Retirez une fine lamelle : le rayon doit resservir.
  3. Dégagez les creux à la herse (ou fourchette à désoperculer), en la passant à plat sous les opercules restants.
  4. Retournez le cadre et faites l’autre face.
  5. Placez-le dans l’extracteur sans attendre, en alternant cadres lourds et légers en vis-à-vis pour équilibrer la cuve.

Avec un inter-axe de hausse de 40 à 42 mm, les rayons dépassent le bois du cadre et se désoperculent en une seule passe.

Valoriser les opercules

Les opercules s’égouttent un à deux jours sur la grille du bac. Leur cire, neuve et très claire, se fond à part de celle des vieux cadres de corps.

Comment extraire le miel avec un extracteur ?

La centrifugation pas à pas

  1. Chargez l’extracteur de cadres de poids équivalent, face à face. Fixez l’appareil.
  2. Démarrez lentement. Une accélération brutale casse les rayons pleins.
  3. En tangentiel : videz partiellement la première face à vitesse modérée, retournez les cadres, videz entièrement la seconde face, puis revenez à la première. Le rayon ne se déchire pas sous le poids de la face pleine.
  4. En radial : montez progressivement en vitesse et laissez tourner une quinzaine de minutes ou davantage selon la viscosité, sans retourner les cadres.
  5. Vérifiez en sortant un cadre : il doit être presque sec. Ouvrez le robinet de l’extracteur avant que le miel n’atteigne le panier ; une cuve trop pleine freine la rotation.

Les miels difficiles

Le colza, et certains miellats, cristallisent dans les rayons en quelques jours : récoltez dès l’operculation et extrayez dans les 24 à 48 heures. La bruyère callune est thixotrope, gélatineuse au repos : on la passe au picoteur avant extraction, ou on presse les rayons.

Rendre les hausses aux abeilles

Rendez les cadres extraits le soir, au-dessus du couvre-cadres, pour que les colonies les nettoient en un ou deux jours ; jamais à l’air libre, ce qui provoque pillage et contagion. Stockez ensuite les hausses bâties au sec, au froid et aérées contre la fausse teigne.

Filtrer et maturer le miel : quelle méthode, combien de temps ?

La filtration, sans éliminer le pollen

On passe le miel dans un double filtre inox posé sur le maturateur : une maille grossière arrête la cire, une maille fine arrête les particules. La DDPP des Pyrénées-Atlantiques considère la filtration comme obligatoire et comme un point critique, à mener sans risque de contamination.

La maille fine ne doit pas retenir les grains de pollen, qui mesurent quelques dizaines de micromètres. Depuis le décret n° 2026-312 du 24 avril 2026, applicable aux produits mis sur le marché à partir du 14 juin 2026, la mention « miel filtré » disparaît : selon la DGCCRF, un miel ultrafiltré ne peut plus être vendu sous la dénomination « miel », et un miel débarrassé de ses matières étrangères d’une manière qui réduit de façon significative sa teneur en pollen relève du « miel destiné à l’industrie ».

La maturation en maturateur

Le maturateur est une cuve inox à robinet, sur pieds. Le miel y repose pour que les bulles d’air et les dernières particules remontent. Il ne déshydrate pas le miel : cela se fait dans la ruche.

  1. Remplissez par le filtre, le miel coulant le long de la paroi pour limiter l’air.
  2. Couvrez avec un couvercle ou un linge propre, dans une pièce tempérée et sèche.
  3. Attendez environ une semaine, repère donné par l’ITSAP, moins pour un colza qui menace de prendre en masse, davantage pour un gros volume visqueux.
  4. Écumez la mousse blanche qui se forme en surface avec une spatule propre.
  5. Un lot, un maturateur : ne mélangez pas deux miellées vendues sous deux dénominations.

Ne pas chauffer le miel

La chaleur et le vieillissement font augmenter le taux d’HMF et baisser l’activité enzymatique (indice diastasique), deux critères légaux mesurés après traitement. Ne chauffez jamais le miel directement. Pour liquéfier un seau cristallisé, utilisez une étuve ou un bain-marie réglé bas, autour de 40 °C maximum, le moins longtemps possible.

Miel liquide, cristallisé ou crémeux

Mettez vite en pot les miels qui restent liquides (acacia, châtaignier). Pour un miel crémeux, ensemencez le miel liquide avec environ 10 % d’un miel à cristallisation très fine, brassez régulièrement vers 14 °C et mettez en pot dès qu’il épaissit. Tout sur le sujet dans notre article sur le miel cristallisé.

Comment mettre le miel en pot ?

Les étapes de la mise en pot

  1. Préparez des pots propres et secs, en verre de préférence, avec des capsules neuves : la fiche H2 de l’ITSAP proscrit la réutilisation des couvercles de pots de miel et demande de stocker les contenants vides à l’abri des contaminations. Conservez les certificats d’alimentarité de vos emballages.
  2. Contrôlez une dernière fois l’humidité au réfractomètre, sur un échantillon tiré au robinet.
  3. Remplissez au robinet du maturateur, pot posé sur la balance, en visant le poids net annoncé.
  4. Fermez immédiatement pour éviter la reprise d’humidité et les poussières.
  5. Étiquetez avec le numéro de lot du maturateur dont provient le miel.
  6. Stockez les pots à l’abri de la lumière, au sec et au frais. La DDPP des Pyrénées-Atlantiques recommande un local sec et frais, idéalement vers 15 °C, à l’abri du soleil direct.

Le miel non vendu se garde en seaux ou en fûts alimentaires fermés hermétiquement. L’ITSAP conseille de stocker les fûts dans un local sec, à température constante de 14 °C ou moins, ce qui limite aussi la montée de l’HMF. Les formats courants sont 250 g, 500 g et 1 kg. Pour situer votre prix et vos mentions face à ce que voit l’acheteur, lisez notre guide pour bien choisir son miel.

Miellerie : quelle réglementation pour extraire et vendre son miel ?

Le paquet hygiène et la déclaration

Dès que vous vendez du miel, vous devenez exploitant du secteur alimentaire. Le cadre est européen : règlement (CE) n° 178/2002 sur la sécurité des aliments et la traçabilité, règlement (CE) n° 852/2004 sur l’hygiène des denrées et, pour les produits d’origine animale, règlement (CE) n° 853/2004.

  • Déclaration des ruches. Elle est obligatoire dès la première colonie, chaque année entre le 1er septembre et le 31 décembre, en ligne sur MesDémarches ou avec le Cerfa n° 13995, rappelle la DDETSPP de l’Yonne. Elle vous attribue votre numéro d’apiculteur. Voyez notre guide de la déclaration de ruches.
  • Déclaration d’activité. La DDPP des Pyrénées-Atlantiques indique qu’une déclaration d’activité, prévue par l’arrêté du 28 juin 1994, doit être faite avant l’ouverture, puis à chaque changement d’exploitant, d’adresse ou d’activité. Le formulaire national est le Cerfa 13984*06, « déclaration de manipulation de denrées alimentaires d’origine animale », adressé à la DDPP (ou DDETSPP). Certains départements gèrent différemment le cas de l’apiculteur qui ne conditionne que sa propre production : faites confirmer la démarche par votre DDPP.
  • Registre d’élevage. Il doit être conservé sur l’exploitation au moins 5 ans, selon la DDETSPP de l’Yonne.
  • Plan de maîtrise sanitaire. L’article 5 du règlement 852/2004 impose des procédures fondées sur les principes HACCP (nettoyage, nuisibles, eau, températures, traçabilité), rédigées vous-même ou tirées du guide de bonnes pratiques de la filière.

Les petites quantités en remise directe

La vente directe de petites quantités de miel au consommateur final ou au commerce de détail local bénéficie d’un régime national allégé. La DDPP des Pyrénées-Atlantiques précise, en citant l’arrêté du 18 décembre 2009, que ce régime s’applique tant que la quantité cédée n’excède pas la production de 30 ruches. Ce seuil a été retenu après un avis de l’Afssa (aujourd’hui ANSES) de 2008, qui jugeait le projet initial de 10 ruches et 600 kg par an trop restrictif et assimilait 30 ruches à une activité de loisir. Il n’exonère ni de l’étiquetage ni de la traçabilité. Au-delà, ou si vous vendez à des intermédiaires, interrogez votre DDPP sur les obligations qui s’appliquent à votre situation.

Les exigences pour les locaux et le matériel

D’après la note de la DDPP des Pyrénées-Atlantiques et les fiches hygiène (H2, H3, H6) du guide des bonnes pratiques apicoles de l’ITSAP :

Domaine Exigence
Implantation toilettes sans communication directe avec la miellerie (DDPP 64)
Murs, sols, plans de travail lisses, lavables et imperméables
Protection local fermé aux abeilles, aux rongeurs et aux insectes (moustiquaires), accès interdit aux animaux domestiques, lutte contre les nuisibles par méthodes ou biocides autorisés (ITSAP H6)
Eau point d’eau chaude et froide accessible, lave-mains à eau potable et commande non manuelle (DDPP 64)
Nettoyage nettoyage, et désinfection si besoin, entre les opérations ; fûts et maturateurs propres avant d’entrer en salle d’extraction (ITSAP H3)
Matériel inox ou plastique alimentaire ; pas de bois, d’aluminium, de fer étamé ou galvanisé au contact du miel ; contrôle complet avant la saison et visuel à chaque usage (ITSAP H2)
Personnel vêtements de protection propres et adaptés, tablier et coiffe (DDPP 64) ; pas de manipulation par une personne atteinte d’une maladie transmissible par les aliments (règlement 852/2004, annexe II)
Usage du local local dédié à l’extraction et au conditionnement, pas la cuisine familiale ; étapes séparées dans l’espace ou dans le temps (ITSAP H3)

La traçabilité et le cahier de miellerie

La traçabilité doit permettre de remonter à la miellée et de retirer un lot en cas de problème. En vertu des articles 19 et 20 du règlement 178/2002, un exploitant qui soupçonne qu’un produit n’est pas conforme doit engager immédiatement son retrait du marché et informer les autorités, rappelle la DDPP des Pyrénées-Atlantiques. La fiche H8 de l’ITSAP demande de numéroter les lots à chaque étape, de conserver factures clients et bons de livraison, et de garder le registre de traçabilité cinq ans, dans un cahier relié et numéroté ou un fichier informatique plutôt que sur feuilles volantes. Un lot peut être une miellée, un rucher, un fût ou une journée de conditionnement : assez fin pour un retrait ciblé, assez large pour rester gérable. Un cahier de miellerie simple suffit :

Champ Exemple
Numéro de lot 26-ACA-01
Rucher(s), ruches, dates de pose et de retrait des hausses rucher du Bois, 12 ruches, 28 avril / 4 juin 2026
Dernier traitement varroa date, médicament et son lot
Teneur en eau, dates d’extraction et de mise en pot 16,8 %, 5 juin / 12 juin 2026
Quantités 96 pots de 500 g

Gardez aussi factures d’emballages, étiquettes et enregistrements de nettoyage pour les contrôles.

Étiquetage du miel : quelles mentions obligatoires en 2026 ?

Les mentions obligatoires

Le règlement (UE) n° 1169/2011 et le décret n° 2003-587 modifié imposent, sur chaque pot destiné à la vente :

  1. La dénomination de vente : « miel », « miel de fleurs » ou « miel de nectar », « miel de miellat », « miel en rayons », « miel destiné à l’industrie ». Une indication florale ou régionale peut s’y ajouter si elle n’est pas trompeuse.
  2. La quantité nette, en grammes ou kilogrammes.
  3. La date de durabilité minimale (DDM), sous la forme « À consommer de préférence avant fin… ».
  4. Le nom ou la raison sociale et l’adresse de l’apiculteur, du conditionneur ou du vendeur.
  5. Le ou les pays d’origine où le miel a été récolté.
  6. Le numéro de lot, sauf si la DDM est indiquée en jour, mois et année, auquel cas elle peut le remplacer selon la DGCCRF.
  7. Les conditions particulières de conservation, si nécessaire.
  8. La mention « destiné exclusivement à la cuisson » pour le miel destiné à l’industrie.

Le règlement 1169/2011 impose une hauteur minimale de 1,2 mm (hauteur de la lettre « x ») pour les mentions obligatoires, ramenée à 0,9 mm quand la plus grande face de l’emballage fait moins de 80 cm². La réglementation des préemballages fixe en outre la hauteur des chiffres de la quantité nette : au moins 4 mm pour un pot de plus de 200 g et jusqu’à 1 kg, 3 mm de plus de 50 g à 200 g. La DGCCRF signale aussi les logos environnementaux Info-tri et Triman, prévus par le décret n° 2021-835.

L’origine des miels : de 2022 à 2026

L’origine est au cœur des réformes : la France consomme environ 40 000 tonnes de miel pour une production de 20 000 à 30 000 tonnes, selon le communiqué du gouvernement de juillet 2019. 43 % des échantillons analysés par la DGCCRF en deux ans y étaient jugés non conformes.

Période Miel d’un seul pays Mélange de plusieurs pays
Avant le 1er juillet 2022 pays de récolte obligatoire mentions génériques « originaires de l’UE », « non originaires de l’UE » ou « originaires et non originaires de l’UE »
Du 1er juillet 2022 au 13 juin 2026 (décret n° 2022-482) pays de récolte obligatoire conditionné en France : tous les pays, par ordre décroissant ; conditionné hors de France : mentions génériques encore admises
Depuis le 14 juin 2026 (décret n° 2026-312, transposant la directive 2024/1438) pays de récolte obligatoire, sans contrainte d’emplacement chaque pays, par ordre pondéral décroissant, avec son pourcentage, dans le champ visuel principal

Précisions de la DGCCRF sur le régime de 2026 :

  • Tolérance de 5 % sur chaque part, calculée sur les documents de traçabilité de l’opérateur et exprimée en valeur relative : 45 % annoncés couvrent de 42,75 à 47,25 %. Le total doit faire 100 %.
  • Pas de dérogation française : la directive permettait de n’afficher que les quatre premières origines d’un mélange qui en compte plus de quatre ; la France n’a pas retenu cette option et exige toutes les origines.
  • Champ visuel principal : si la dénomination du miel est visible de face, l’origine doit l’être aussi, sans tourner le pot.
  • Petits emballages : sous 30 g net, les noms de pays peuvent être remplacés par leur code ISO à deux lettres (FR, ES, IT…).
  • Écoulement des stocks : un miel mis sur le marché ou étiqueté avant le 14 juin 2026 selon les anciennes règles peut être vendu jusqu’à épuisement.

Pour l’apiculteur qui vend son propre miel, une seule origine suffit : « Miel de France » ou « Origine : France ». La DGCCRF annonce des contrôles à visée pédagogique en 2026, puis une enquête nationale à visée corrective et répressive à partir de début 2027.

Les mentions interdites ou trompeuses

Selon la DGCCRF, « miel naturel », « pur miel », « miel de pays », « miel de terroir » et « 100 % miel » ne sont pas autorisés, puisque tout miel est par définition pur et naturel. « Toutes fleurs », « mille fleurs », « liquide » ou « doré » sont seulement informatifs et ne remplacent pas la dénomination. La directive 2001/110/CE interdit par ailleurs toute adjonction d’ingrédient au miel : un miel additionné de gelée royale, de fruits secs ou d’épices ne peut plus être vendu sous la dénomination « miel » et s’étiquette comme une préparation, avec la liste de ses ingrédients.

Une origine florale (« miel de châtaignier ») suppose que le miel provienne entièrement ou principalement de cette plante et en ait les caractéristiques. La DDPP des Pyrénées-Atlantiques précise qu’une origine botanique doit être justifiée par une analyse spécifique, et qu’une origine géographique n’est permise que si tout le miel provient de la zone citée. Connaître les plantes mellifères autour du rucher aide à cibler l’analyse.

DDM ou DLUO : quelle date mettre ?

La DLUO, date limite d’utilisation optimale, a été remplacée par la DDM avec le règlement 1169/2011 : c’est une date indicative, pas une date limite de consommation. Avec le temps, le miel fonce et son HMF augmente. L’ITSAP note qu’une DDM de deux ans après la mise en pot est l’usage courant, même si le miel se conserve bien plus longtemps. Selon la DGCCRF, la DDM s’exprime en mois et année pour une durabilité de 3 à 18 mois, et en année seule au-delà de 18 mois : « À consommer de préférence avant fin 2028 ».

La mention « Ne pas donner aux enfants de moins d’un an » n’est pas obligatoire, mais beaucoup d’apiculteurs l’ajoutent : le miel peut contenir des spores de Clostridium botulinum, dangereuses pour le nourrisson dont la flore intestinale n’est pas encore installée. L’ANSES recommande de ne pas donner de miel aux enfants de moins d’un an, ni d’en mettre sur une tétine.

Exemple d’étiquette conforme

  • Miel de lavande
  • Origine : France
  • 500 g
  • À consommer de préférence avant fin 2028
  • Lot 26-LAV-02
  • Rucher des Collines, Jean Martin, 12 chemin des Abeilles, 04000 Digne-les-Bains

Questions fréquentes

Quand faut-il récolter le miel ?

Récoltez une hausse quand ses cadres sont operculés au moins aux trois quarts et que le miel non operculé ne coule pas quand on secoue le cadre à l'horizontale. Selon les régions, les récoltes s'étalent de mai (colza, fruitiers, acacia) à septembre (bruyère callune). La dernière récolte doit intervenir assez tôt, en général avant la mi-août, pour traiter contre le varroa et laisser des réserves d'hiver suffisantes.

Quel taux d'humidité maximum pour le miel ?

La directive européenne 2001/110/CE, reprise en France par le décret n° 2003-587, fixe une teneur en eau maximale de 20 % pour la plupart des miels, et de 23 % pour le miel de bruyère callune et le miel destiné à l'industrie. En pratique, visez 18 % ou moins : au-delà, les levures présentes naturellement dans le miel peuvent le faire fermenter pendant le stockage.

Combien de temps laisser le miel dans le maturateur ?

L'ITSAP donne un repère d'environ une semaine, à moduler selon le volume, la température de la pièce et la viscosité du miel. Ce repos laisse remonter les bulles d'air, les particules de cire et les débris, que l'on écume en surface avant la mise en pot. Un miel qui cristallise vite, comme le colza, se met en pot plus tôt, ou se travaille en miel crémeux dès que la cristallisation s'amorce.

Comment désoperculer les cadres de miel ?

Tenez le cadre incliné au-dessus d'un bac à désoperculer et tranchez les opercules de haut en bas avec un couteau à désoperculer, à froid ou chauffant, en suivant le bois du cadre. Les creux se dégagent à la herse, ou fourchette. Les opercules tombent sur une grille, s'égouttent pendant un ou deux jours, puis la cire est fondue à part : c'est la plus claire du rucher.

Combien de temps laisser le chasse-abeilles avant de retirer les hausses ?

Posez le chasse-abeilles sous la ou les hausses à récolter la veille du retrait : l'ITSAP recommande au moins une dizaine d'heures entre la pose et la récolte, et 24 heures suffisent le plus souvent. Les abeilles descendent vers le nid et ne peuvent plus remonter. Au-delà de 48 heures, les hausses refroidissent, le miel devient plus visqueux et pillage ou fausse teigne menacent si l'ensemble n'est pas étanche.

Quelles mentions sont obligatoires sur un pot de miel ?

La dénomination (miel, miel de fleurs, miel de miellat, avec ou sans origine florale), le poids net, la date de durabilité minimale, le nom et l'adresse de l'apiculteur ou du conditionneur, le ou les pays de récolte et un numéro de lot, que la DDM complète en jour, mois et année peut remplacer. Depuis le 14 juin 2026, un mélange de plusieurs pays doit indiquer chaque pays avec son pourcentage.

Faut-il une miellerie déclarée pour vendre son miel ?

Vendre du miel fait de vous un exploitant du secteur alimentaire, soumis au paquet hygiène européen. La DDPP des Pyrénées-Atlantiques demande une déclaration d'activité avant l'ouverture ; le formulaire national correspondant est le Cerfa 13984*06, adressé à la DDPP. Les locaux doivent être lavables, fermés aux insectes et équipés d'eau chaude et froide. Les pratiques varient selon les départements : interrogez votre DDPP avant la première vente.

Que signifie DLUO sur un pot de miel ?

DLUO, date limite d'utilisation optimale, est l'ancien nom de la DDM, date de durabilité minimale, imposée par le règlement européen 1169/2011. Ce n'est pas une date de péremption : passé ce délai, le miel reste consommable mais peut avoir foncé, cristallisé ou perdu des arômes. Selon la DGCCRF, on indique le mois et l'année pour une durabilité de 3 à 18 mois, l'année seule au-delà.

Sources

  1. Directive 2001/110/CE du Conseil relative au miel, annexe II : critères de composition, legislation.gov.uk (texte de la directive européenne)
  2. Présentation et enjeux du décret n° 2026-312 du 24 avril 2026, partie miel, DGCCRF, ministère de l'Économie
  3. Étiquetage du miel : les règles à connaître, DGCCRF, ministère de l'Économie
  4. Note d'information relative à la production et à la mise en vente de produits de la ruche, DDPP des Pyrénées-Atlantiques, préfecture des Pyrénées-Atlantiques
  5. Déclaration de manipulation de denrées alimentaires d'origine animale (Cerfa 13984*06), Service-public.fr, Entreprendre
  6. Les activités apicoles : informations à l'attention des apiculteurs, DDETSPP de l'Yonne, préfecture de l'Yonne
  7. Avis relatif à un projet d'arrêté sur la remise directe de petites quantités de miel (saisine 2008-SA-0034, 15 mai 2008), Afssa (aujourd'hui ANSES)
  8. Guide des bonnes pratiques apicoles, fiche C1 : respecter les critères physico-chimiques du miel, ITSAP-Institut de l'abeille
  9. Guide des bonnes pratiques apicoles, fiche H2 : choisir et vérifier le bon état des équipements de miellerie, ITSAP-Institut de l'abeille
  10. Guide des bonnes pratiques apicoles, fiche H3 : organiser le travail (hygiène en production de miel, pollen et gelée royale), ITSAP-Institut de l'abeille
  11. Guide des bonnes pratiques apicoles, fiche H6 : lutter contre les nuisibles et les abeilles dans les locaux, ITSAP-Institut de l'abeille
  12. Guide des bonnes pratiques apicoles, fiche H8 : assurer la traçabilité des produits de la ruche, ITSAP-Institut de l'abeille
  13. Mallette pédagogique, module 6 : les produits de la ruche et leur récolte, ITSAP-Institut de l'abeille
  14. Honey should not be fed to infants under one year of age, ANSES
  15. Origine des miels : projet de décret pour davantage de clarté et de transparence (communiqué du 11 juillet 2019), Ministère de l'Agriculture et ministère de l'Économie
  16. Extracteurs manuels (prix relevés en octobre 2026), Apiculture.net (revendeur)
  17. Extracteurs électriques (prix relevés en octobre 2026), Apiculture.net (revendeur)
  18. Matériel de désoperculation (prix relevés en octobre 2026), Apiculture.net (revendeur)
  19. Maturateurs inox (prix relevés en octobre 2026), Apiculture.net (revendeur)
  20. Contrôle qualité et hygiène : réfractomètres, déshumidificateurs (prix relevés en octobre 2026), Apiculture.net (revendeur)